Interview exclusive d’Arthur H pour My Little Nantaise

Arthur H fêtera en 2015 ses 25 ans de carrière, un très beau parcours sur lequel nous avons voulu revenir, à quelques heures de son concert, le 28 Novembre dernier à Capellia (la Chapelle s/Erdre).  Coiffé de son chapeau dont il ne se sépare presque jamais, il se confie et nous parle de   » La Caissière du Super « , premier extrait de son dernier album (le 10ème !) :  » Soleil Dedans « .

Arthur H, si tu nous lis, merci encore d’avoir consacré du temps pour nous ! Bonne tournée :)

 

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© Loud Photography

 

1/ Arthur H, vous fêterez en 2015 vos 25 ans de carrière… quels sont les évènements qui vous reviennent à l’esprit en particulier ?

Pour le disque  » Adieu Tristesse », le jour de mes 40 ans est tombé par hasard le jour d’un concert à l’Olympia. J’en ai profité pour faire une grande fête symbolique, spirituelle, joyeuse…La quarantaine c’était une espèce de renaissance ! J’ai carrément demandé à des amis et à ma copine de l’époque de jouer mes parents. A la fin du concert, ils ont donc fait une petite scène où ils ont mimé la rencontre de mes parents. Ma fausse mère à jouer l’accouchement et moi je suis arrivé, quasiment nu, en slip, et ils m’ont peint en doré ! C’était comme le symbole d’une nouvelle vie, d’une nouvelle naissance. Mon fils est né un an après cet anniversaire, donc je l’ai pris comme un nouveau départ. J’avais beaucoup d’invités lors de ce concert, qui a duré 3h30mn, et les gens à la fin m’ont fait la remarque « pourquoi c’était si court ? ».

 

2/ Il y a un autre moment fort dans votre carrière, c’est le jour où vous avez fait une demande en mariage sur scène en 1998 à Los ANGELES…quel souvenir en avez-vous ?

C’était avec ma compagne de l’époque, on avait déjà une fille ensemble et elle était enceinte. La veille de jouer à Los Angeles on s’est dit « et si on se mariait ? ». Evidement en Amérique tout est possible ! On a alors trouvé rapidement une femme qui était pasteur et on lui a demandé de monter sur scène avec nous à la fin du concert  pour nous marier ! Elle n’avait jamais fait ça. C’était très drôle car à la fin du concert elle nous a dit « excusez- moi,  je vous adore et j’aimerais bien rester avec vous mais je ne peux pas car il y a mon chien qui m’attend chez moi » donc elle est partie ! Les gens au début étaient très surpris, ils croyaient que c’était un moment dans le spectacle un peu poétique, un peu bizarre…et puis au bout d’un moment ils se sont aperçus que c’était un vrai mariage ! Du coup ils étaient super émus. C’était comme si tout le public étaient nos amis, nos invités. On leur avait distribué du riz, ma compagne avait trouvé une très belle robe à Los Angeles dans une brocante. A la fin du concert, on est descendu, on a traversé la salle, c’était très émouvant. Il a fallu ensuite valider le mariage au consulat. C’est un mariage qui est passé du rêve à la réalité !

 

3/ Votre actualité c’est ce nouvel album « SOLEIL DEDANS »… comment pouvez vous nous le définir ?  

C’est un disque qui parle beaucoup de grands espaces, d’un navigateur solitaire, de l’aéroport de Los Angeles, d’un homme amoureux d’une femme étoile…C’est un album qui parle de liberté, conçu pour générer une bonne énergie, une énergie lumineuse, tranquille, fluide.

 

4/ Cet album est né de votre vie au Canada. En quoi ce pays est-il source d’inspiration ?

Le Canada est une vraie source d’inspiration pour moi parce que c’est un pays qui est fluide, où les gens ont décidé d’être extrêmement positif. Il y a une forme d’allant, de se dire que tout est possible ! Si on met tout notre cœur dans ce qu’on aime, on le fait ! Il y a beaucoup moins cette peur de l’échec qu’on peut ressentir ici. Moi en tant que français, quand j’arrive à Montréal, j’ai comme une espèce de vieille peau que je jette. Je suis détendu, joyeux, léger. Evidemment ça peut m’arriver aussi en France et heureusement, mais je constate que c’est beaucoup plus facile de se sentir comme ça là-bas qu’ici. Donc dès que je peux y aller j’y vais !

Arthur H

© Loud Photography

 

 

5/ A travers vos textes,  vous parlez de Lhasa de Sela, une artiste qui a fait carrière au Canada, décédée en 2010. En quoi sa carrière vous a touché ?

Lhasa c’était une grande amie à moi. Une artiste très inspirante pour tous ceux qui pouvait l’approcher. C’est quelqu’un qui te donnait des idées et extrêmement sensible. Une sensibilité vraiment à vif, très lumineuse, même si elle avait aussi ses doutes et ses abimes. C’était surtout une voix particulièrement émotionnelle, un peu angélique. On avait parfois l’impression que sa voix venait d’un autre monde. Quand on l’entendait, on tombait sous son charme. C’est comme si on se ressourçait, on repartait avec plus d’énergie. Elle était vraiment très très connectée.

 

6/  Votre tournée en 2015 passe par le Canada, en janvier et février. C’était inconcevable pour vous de ne pas faire beaucoup de dates la bas ?

Je suis peut-être l’artiste français qui va le plus au Canada, et j’ai besoin d’Amérique. J’ai besoin de me brancher à l’énergie de l’Amérique parce que c’est ça qui me nourrit. Malheureusement artistiquement, je n’arrive pas à me nourrir ici, or un artiste a toujours besoin d’inspiration. On a besoin d’être bousculé, d’avoir de nouvelles idées, de rencontrer des gens qui sont sur la même longueur d’ondes. Moi je trouve ça là-bas donc j’y vais !

 

7/ Parlez-nous du titre « La caissière du super » qui est gentiment barré, avec la comédienne Bérengère Krief . Comment s’est faite votre rencontre ?  

Bérengère elle est très partante ! Déjà on a bien rigolé car on partage le même goût pour l’humour absurde. Elle a tout de suite joué le jeu, cette caissière un peu perverse qui tout à coup retrouve le pouvoir. Malheureusement c’est une illusion car une «caissière du super » n’a pas vraiment le pouvoir, sauf dans mon clip où c’est elle qui mène le jeu.

 

8/ Ce rôle aurait pu convenir aussi à Brigitte Fontaine ?

Oui, Brigitte Fontaine aurait été une caissière encore beaucoup plus inquiétante et dangereuse. Mais ça aurait été chouette aussi !

 

9/ L’aventure de cet album démarre bien puisque vous venez de recevoir en novembre une nouvelle distinction, « le prix chanson de l’académie Charles Cros »,  avec Jeanne Cherhal . En quoi est-ce important  pour vous de recevoir ce style de récompense ?

Pour moi c’est un moment agréable mais ce n’est pas un moment important. Ce qui compte avant tout c’est la rencontre avec le public, et ça c’est un combat à chaque disque ! J’ai beau faire pleins de disques, c’est toujours une remise en question. Il faut toujours aller chercher les gens, stimuler leur curiosité, leur donner envie. Donc pour moi le seul prix qui compte, c’est l’amour des gens.

 

Propos recueillis par Loïc de Chabot (co-fondateur de My Little Nantaise) .

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